Vous les voyez depuis un an, ces vélos en libre-service disponibles dans toutes les grandes villes de France. Ce concept, importé du modèle économique chinois semble être un réel bon plan, à la fois pour les utilisateurs, mais aussi et surtout pour les entrepreneurs à la tête des ces entreprises. Mais la réalité n’est malheureusement pas aussi belle.

Un concept collaboratif qui séduit

Il faut dire que sur la plaquette, les offres de ces entreprises sont intéressantes. Avec 50 centimes d’euros la première demi-heure d’utilisation, ce mode de déplacement urbain revient comme l’un des moins chers, mais surtout le plus écologique.

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Tarifs des vélos en libre-services

Avant l’ère des vélos partagés, les municipalités avaient déjà mis en place des vélos en libre-service, mais le mode de fonctionnement peut parfois paraître assez compliqué : il faut déposer une caution d’au moins 200€, et les vélos ne peuvent circuler qu’entre des bornes agréées. Il n’est pas possible de laisser le vélo devant chez vous.

Depuis quelques années, ce marché collaboratif du cyclisme semble être un grand succès. A Shanghai, pas moins de 2 millions de vélos sont utilisés chaque jour par la population locale et les touristes qui profitent de cette opportunité pour éviter les bouchons et le rush des transports en commun.  Ofo, Mobibike ou encore oBike sont des entreprises très implantées sur le marché chinois et qui tentent de conquérir l’hexagone.

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Vélo propulsé par Gobee Bike

Comment fonctionnent donc ces vélos en libre-service ?

L’utilisation d’un vélo collaboratif ne demande qu’un smartphone et une connexion internet. Dès que vous avez besoin d’un vélo, il suffit de vous rendre sur l’application du fournisseur et de vérifier sur la carte les vélos qui se trouvent à proximité. Dès que vous en avez repéré un, vous n’avez qu’à vous rendre sur place et à le déverrouiller depuis votre téléphone. Pendant la course, vous n’avez rien à faire. Pour terminer la course, il vous suffira de scanner le code-barres du vélo, ce qui le verrouillera. Les paiements sont directement gérés depuis l’application.

Concernant les vélos, ils sont souvent solides et adaptés à la circulation urbaine. Equipés de capteurs GPS et Bluetooth, ils permettent une autonomie complète, tout en permettant aux fournisseurs de tracker leurs flottes.

 

Les limites de ce système

Si jusque là tout semble beau, il faut savoir que le circuit du collaboratif est ici limité puisque le système souffre encore de nombreuses défaillances. Si certains problèmes techniques de connexions ou techniques sur les vélos peuvent persister, ce n’est pas cela qui va vraiment gêner l’expérience des utilisateurs.

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Cimetière de vélos dans les banlieue de Shanghai

Ce qui bloque vraiment le développement de ce concept, c’est surtout la casse et les dégâts qui sont liés à leur utilisation. C’est pour cette raison que Gobee a retiré toute sa flotte de vélos après seulement quelques mois d’utilisation. En Chine, de grands « cimetières » à vélo se retrouvent en centre ville : les entreprises ne savent plus quoi faire avec les vélos inutilisables. En plus d’être une énorme perte financière, c’est surtout un impact écologique très négatif qui a lieu.

 

La réaction des entreprises

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Un des nombreux garages à vélos

Les acteurs de cette économie paraissent un peu submergés par les faits. Si les vélos ne sont pas en usage, ce n’est pas de leur faute, mais surtout des utilisateurs. Afin de limiter les dégâts, de nouvelles méthodes de contrôle et de gestion ont été mises en places :

  • Un système de notation et de contrôle : dès lors que vous récupèrerez un vélo, vous aurez la possibilité de faire un état des lieux. Cela permettra donc à l’application de témoigner une mauvaise utilisation de la part de l’utilisateur précédent et de lui infliger une pénalité.
  • Un personnel lié à l’entretien et à la prévention : si en Chine ces applications n’ont pas encore eu lieu, la France a été avant-gardistes. Les entreprises ont recruté des techniciens permettant la gestion des vélos en transformant des hangars en garages à vélos pour lutter contre le gaspillage. De plus, des contrôleurs sont présents sur les zones urbaines pour prévenir les utilisateurs des bons usages, mais aussi pour signaler les mauvaise utilisations (vélo privatisé, vélo mal rangé ou dégradé).
  • Certaines municipalités sont même allées plus loin en mettant à disposition des zones de partages pour que des vélos ne se retrouvent à tous les coins de rues et gênent la circulation des passants. Il faudrait encore que les utilisateurs des vélos soient avertis.

 

Qu’en conclure ?

Pour terminer, on peut donc voir que si les apparences de ce concept collaboratif sont intéressantes d’un premier regard, elles peuvent parfois même devenir contre productives après utilisation. L’utilisation d’un vélo est un acte écologique, mais si par derrière le vélo utilisé est malmené puis jeté dans un cimetière à vélo, son empreinte écologique reviendra plus importante que l’utilisation d’une voiture.

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Les internautes témoignent

C’est donc une affaire à suivre. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires.

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